Et des quartiers numériques?

29 octobre 2012 à 15 h 21
 

La société d’information mondialisée entraine une nouvelle architecture des causalités entre les idées : le paradigme des communications cybernétiques est utilisé par le chercheur Maxime Ouellet (1) pour établir la genèse du nouvel imaginaire économique, celui de la mondialisation du capitalisme et d’une course folle vers l’échange d’information.

Dans cette nouvelle épistémologie émergent de nouvelles catégorisations du savoir à partir de requêtes dynamiques effectuées entre une interface robotisée et celle qui s’informe.

Ces interfaces – le plus souvent apparentés à des moteurs de recherches connectés au réseau Internet – sont des acteurs majeurs dans la constitution d’imaginaires, mais également du renouveau d’imaginaires qu’on tiendrait autrement pour des lieux communs : impossible d’envisager la culture, en ignorant le numérique et, impossible également, d’ignorer plus longtemps que la notion de quartier ne sera pas épargnée par cette culture numérique. Incidemment, le sort du vocable « quartier culturel, » s’en trouve lié au destin de ces interfaces numériques.

Des audits menés informellement sur le plus populaire des moteurs de recherche (Google) à partir du Mile-End, à Montréal (code postal H2T ***) rendent probant qu’il est plus difficile d’élaborer du contenu où le vocable utilisé comme termes de recherches est utilisé, que de discuter librement de « quartiers culturels, » sans rappeler au deux lignes que c’est précisément ce sujet qui est discuté.

Respecter les règles basiques de la langue française, rendre plus agréable la lecture, mais aussi ouvrir des champs de réflexion à partir du concept de « quartiers culturels » sont parmi les éléments qui empêchent certains contenus de se hisser parmi les principales suggestions offertes par le moteur de recherche comme suite à l’utilisation du vocable comme termes de recherches.

Comme souvent, le problème offre une piste de solution naturelle : tant la Ville de Montréal, que le blogue du Mile-End, que Culture Montréal et bien d’autres développeurs de contenus originaux sur ce thème, voient leurs entrées regroupées par le moteur de recherche. Ces regroupements permettent d’offrir une meilleure variété de choix à celle qui s’informe, mais mettent bien en relief l’urgence d’agir ou de favoriser l’émergence de multiples interfaces.

Les portails uniques se vendent peut-être bien, mais ne sont pas appropriés à la société vers laquelle nous tendons, pas plus qu’aux conceptualisations que nous souhaitons voir émerger avec une certaine force. Le contenu sur les différents quartiers culturels doit soutenir la charge sémantique des termes de recherche apparentés, mais on peut s’interroger sur les algorithmes qui décideront de la qualité de cette charge. Le va-et-vient entre le contenu élaboré à propos d’un quartier culturel et sa charge sémantique propre et la charge sémantique globale du vocable utilisé comme terme de recherche démontre bien l’urgence de soumettre la question, comme de développer des contenus qui sont eux-mêmes informés de la nouvelle réalité du numérique.

(1) Ouellet, Maxime (2009), Esquisse d’une approche culturelle de l’économie politique internationale de la « société globale de l’information, » in Cahiers de recherches sociologique (no 47 – janvier 2009), pp. 91-108

Image: La France à l’an 2000 – d’après une série de d’illustrations de Jean-Marc Côté produite à la fin du 19e siècle et au tout début durant décennie 1900. Image libre de droits.

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