Bibliothèque : plus populaire que le hockey?

13 janvier 2013 à 18 h 09
 

Ceux qui prédisaient la mort du livre et des bibliothèques devant l’avènement de l’ère numérique devront bientôt rajuster leurs paramètres… Rapport après rapport, c’est plutôt l’effet inverse qui semble se produire. Oui, on continue à lire (même les jeunes…), et oui, on fréquente encore la bibliothèque. En fait, si on se fie aux plus récentes statistiques, les bibliothèques sont même plus que jamais fréquentées par les citoyens de certaines villes.

Ainsi, d’après une étude parue en janvier (1), les trois bibliothèques de New York ont reçu quelques 40 millions de visites en 2011. Quarante millions, c’est à dire plus que l’addition des assistances aux parties de sport professionnel et aux grands spectacles de cette métropole américaine. C’est aussi 69 millions de livres en circulation. En dix ans, les bibliothèques de New York ont vu leur fréquentation augmenter de près de 60% (59%).

Comment expliquer cette fulgurante popularité alors qu’on semble obsédé par les plus récents textos et modèles de téléphones intelligents? Justement. D’abord, les bibliothèques offrent un accès gratuit à de l’équipement technologique, ce qui attire une clientèle moins favorisée. Ensuite, elles incarnent – du moins de plus en plus d’entre elles – un lieu de rencontre pour la communauté. Les bibliothèques du 21e siècle jouent un rôle social essentiel : par exemple, elles favorisent l’acquisition des connaissances et le développement de compétences des demandeurs d’emploi; elles contribuent, par différentes activités, à l’intégration des immigrants et elles agissent comme un lieu de cohésion sociale pour certaines clientèles jeunesse.

Un p’tit café?
Chez nous aussi, les bibliothèques sont populaires : la moitié de la population québécoise fréquente ces établissements, d’après un récent rapport du MCC. À Montréal, le taux de fréquentation frôlerait même les 60 % (58,3%), et ce taux grimpe à près de 70% (69,1%) dans l’Ouest de l’Île!

Accessibilité, gratuité, souplesse et qualité du service du personnel, tant pour ses compétences que son accueil, justifient un taux de satisfaction élevé de la clientèle des bibliothèques de Montréal, d’après un sondage de Léger Marketing effectué en novembre 2012. Par contre, outre l’accès aux ordinateurs, « on conserve une image très traditionnelle des bibliothèques et on n’est malheureusement pas au courant de son virage technologique ». L’endroit est donc encore très associé à la lecture des livres « papier » et assez peu aux collections numériques, tel que le prêt de jeux vidéos, ou à d’autres types d’activités et de services (cours de langue, prêt en ligne, etc.).

Quand on leur demande de réfléchir à la bibliothèque idéale, les répondants insistent sur le confort et la convivialité des lieux, avec des espaces ouverts, lumineux et plus colorés, et même l’accès à un café sur place. La prolongation des heures d’ouverture est aussi un enjeu. Mot à retenir : ouverture.

Sources :
(1) Branches of Opportunity, Center for an urban future, janvier 2013.
(2) Portraits statistiques régionaux en culture, Montréal 2012, MCCCFQ, août 2012.
(3) Étude sur la fréquentation des bibliothèques de Montréal, Léger Marketing pour Bibliothèques Montréal, novembre 2012.

Image à la une – Perdu dans les livres, par Groume (Creative Commons)

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commentaire(s)

Commentaire

  1. Parlant d’ouverture…
    Les nouvelles bibliothèques Marc-Favreau (Rosemont-La Petite-Patrie) et du Boisé (Saint-Laurent) qui ouvriront en 2013, promettent de nous surprendre!!! :)

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