Espaces publics architecturaux revisités par nos artistes locaux – ou la chance d’être montréalais!

22 février 2013 à 14 h 50
 

Résident du Sud-Ouest, je ne me lasse pas d’arpenter les rues des quartiers St-Henri et de la Petite-Bourgogne et d’y voir les changements permanents qui y naissent.

Il y a quelques mois, alors que je foulais tranquillement le pavé de la rue Notre-Dame Ouest (on fait alors travailler notre imagination en prétendant l’existence desdits pavés sur les trottoirs de la rue Notre-Dame…), en arrivant au coin de la rue Charlevoix, seuls ces mots me sont venus en tête « WoW ! Merci MU ! ». C’est un fait, la Petite-Bourgogne a désormais sa murale MU (150m carrés), Vàmonos, peinte cet été dans le parc Ste-Cunégonde par l’artiste-muraliste Arpi, lui aussi résident du Sud-Ouest (Allô Participation citoyenne …).

Pour ceux qui ne les connaissent pas encore et pour le plaisir des yeux (même si c’est bien mieux en vrai), visitez leur site Internet www.mu-art.ca

On a de la chance à Montréal, on est créatif, et on a compris qu’à défaut de manquer parfois d’espaces dits conventionnels, on pouvait faire rayonner notre art et nos pratiques à même la ville, en extérieur. On donne l’exemple sur bien des registres lorsque l’on aborde l’innovation artistique et culturelle. Mais ça vaut néanmoins la peine d’observer ce qu’il se passe ailleurs.

À New York, on investit un ancien hôtel pour offrir aux citoyens et visiteurs une expérience théâtrale hors du commun, où chacun prend part à la représentation (www.sleepnomorenyc.com). À Berlin, on donne la possibilité aux artistes d’utiliser des bâtiments quasi abandonnés (basé sur le système de Centro Sociale italien) pour exposer leur art, ou en produire davantage (le Tacheles, www.kunsthaus-tacheles.de). À NOLA (New Orleans of Louisiana), c’est par la musique que les artistes s’approprient le territoire : places publiques, rues piétonnes, chaque intersection s’avère adéquate, d’où la démarcation avec notre chère métropole.

On pourrait faire le tour du monde et citer de nombreux autres exemples, et on ne cherche pas là à ignorer le potentiel montréalais en termes de lieux spécifiques propices à la création artistique. Mais peut-on pousser plus loin, au-delà de la musique du monde sur le parterre du Quartier des spectacles, de la danse dans les parcs, des séances de cinéma au bord de l’eau et des projections multimédias sur des édifices bicentenaires ou fraîchement bâtis?

Pourquoi n’investissons pas nos espaces « inutilisés », nos lieux inusités pour favoriser la création et l’expression collective et/ou individuelle? Par nécessité d’obtenir un quelconque permis? Par timidité? Ou parce qu’on ne sait pas par où commencer? (parions sur cette dernière..).

Il y a pourtant encore tellement de possibilités en termes d’espaces à explorer. Les quelques 450 km de ruelles, dont la plupart sont en voie de devenir « vertes » ou les centaines de bâtisses à l’abandon ne souhaitant qu’un rajeunissement « populaire » constituent un « terrain de jeu » de près de 1000km² permettant des heures de travail, des centaines de créations supplémentaires et des milliers d’artistes (en herbe ou confirmés, mais résolument passionnés) potentiels sur le terrain.

J’ai appris avec joie que le collectif Les Ville-Laines lançait leur « Opération Échangeur-Tricot », tandis que leur homologue de tricot-graffiti Maille à part, recouvre de laine, au quotidien, des poteaux de stationnement, des bancs publics dans les parcs, des portails …
Des beaux exemples, oui, mais donnant naissance à d’autres envies, d’autres questions. À quand un Pont Champlain à l’image de la masse créative qui peuple notre île? Des berges du fleuve bordées d’œuvres d’art ailleurs que dans le Parc René-Lévesque à Lachine? Des cabines téléphoniques multicolores? Des viaducs qui méritent d’être photographiés? Des voitures de métro qui font oublier que c’est lundi matin lorsque l’on est jampacked sur le chemin du travail (en plus des musiciens et des œuvres d’art qui ornent les stations du réseau)…?

Les quartiers culturels de la métropole ont tellement à offrir lorsqu’il s’agit d’espaces de création, qu’on aurait tendance à vouloir (ou voir) peindre, projeter, exposer, jouer, avec autant de naturel que l’on enregistre un album en studio ou que l’on prépare sur un plateau de tournage la scène d’un des prochains box-office planétaires. Cessons de l’imaginer et faisons-le concrètement. Après tout, Montréal n’est-elle pas reconnue pour être la ville de tous les possibles?

En passant, si vous êtes sensibles aux arts de la rue, le RAR-Regroupement des arts de la rue du Québec tiendra une assemblée générale spéciale le 25 février prochain. La continuité de ses activités sera, entre autres, discutée (infos : ">).

 

© Photo: La Presse

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