Plaidoyer pour la qualité de vie ou le temps, c’est bel et bien de l’argent pour la culture

27 mars 2013 à 19 h 54
 

Et si, au bulletin de nouvelles du soir, on vous présentait l’évolution de l’indice du bonheur plutôt que celui du Dow Jones? Vous souriez? S’il n’est pas encore possible de mesurer le mieux-être collectif au quotidien, on peut néanmoins en suivre l’évolution d’une année à l’autre.

Les indicateurs de bien-être sont utilisés un peu partout à travers le monde pour évaluer le progrès social; ils permettent de compiler et d’analyser une grande variété de données sur le niveau de vie, la santé, la scolarité, le dynamisme des communautés, la participation citoyenne, etc. En deux mots, ces indicateurs s’inscrivent en porte-à-faux des excès d’un certain économisme, qui tend à réduire l’avancement d’une société à sa seule performance sur l’échelle de la productivité.

L’indice canadien du mieux-être a été établi en 1994 et se fonde sur 64 indicateurs répartis dans huit secteurs; il est donc possible d’observer l’évolution du progrès social au pays depuis près de 30 ans. Résultat : l’indice général a augmenté de 5,7 % entre 1994 et 2010, ce qui correspond à une hausse exceptionnelle du P.I.B. (28,9%). Bref, il semblerait que ça aille de mieux en mieux dans « le plusse beau meilleur » pays au monde… sauf lorsqu’on regarde de plus près certains chiffres. Dans le secteur des loisirs et de la culture, on observe une tendance radicalement différente et inquiétante : un déclin de 7,8%.

L’environnement est le seul autre secteur qui connait une décroissance (10,8%).
À l’exception de l’activité physique et du nombre de nuits passées en voyage, tous les autres indicateurs en loisirs et culture affichent un recul : visites de sites historiques ou de parcs nationaux, assistance aux spectacles, bénévolat pour les organismes culturels, dépenses et temps consacrés aux activités culturelles et récréatives.

 

Que s’est-il passé? Le temps, justement. Le manque de temps. D’après les auteurs du rapport, les Canadiens seraient tellement débordés qu’ils n’auraient que très peu de temps à consacrer aux loisirs en famille ou entre amis. Place à la conciliation travail-culture?

 

Source : Indice canadien du mieux-être, Université de Waterloo, octobre 2012 in Culture et tourisme/Équipements culturels/Avantages sociaux, Recherche sur les arts, vol. 11, no. 10, mars 2013.

Source : Image à la une > Murale MU aux Habitations Jeanne-Mance, Montréal.

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