Données ouvertes et transparence, pour améliorer le rôle de l’État et permettre une vraie démocratie citoyenne

10 avril 2013 à 11 h 43
 

Je suis aujourd’hui à Québec, à titre de directrice des communications de Culture Montréal, pour présenter notre mémoire déposé la semaine dernière dans le cadre des consultations sur la révision de la Loi d’accès à l’information. Dans notre Lettre d’info du 28 mars dernier, nous publiions également un éditorial sur cet enjeu des données ouvertes et de la transparence, à l’échelle de la province.

Quel serait l’impact d’une plus grande ouverture des données publiques à l’échelle locale ? Comment assurer un réel libre accès à l’ensemble de l’information municipale afin qu’elle soit utile aux citoyens ? En quoi le milieu des arts et de la culture bénéficierait d’une telle ouverture ? Nous vous invitons à participer aux discussions et à vous assurer que l’enjeu de la transparence demeure d’actualité.

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ÉDITO – Données ouvertes et transparence, pour améliorer le rôle de l’État et permettre une vraie démocratie citoyenne

Nous vivons à une époque plus interactive que jamais, grâce notamment aux technologies de l’information et à Internet, qui permettent la diffusion d’une quantité d’informations qui ne cesse d’augmenter.

Le mouvement des données ouvertes (Open data), qui prône l’accès pour tous aux informations publiques, sans restriction, s’accélère à une vitesse grand V. Depuis quelques années, plusieurs pays, comme le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, ont décidé d’emprunter cette voie et d’adopter des politiques sur les données ouvertes pour  « changer la culture du pouvoir », c’est-à-dire réduire l’écart entre les citoyens et les administrateurs publics en termes d’accès à l’information.

Il devient impératif de repenser et de rehausser la qualité de l’accès aux documents publics. Le numérique ouvre toute grande la porte à des façons de faire plus performantes et plus transparentes, dans une perspective d’information, mais aussi de communication réelle avec le citoyen. Les organismes publics doivent s’ajuster et se réinventer pour répondre à ces nouveaux besoins, et aller bien au-delà de la simple diffusion d’information et prestation de services en ligne. Et ce sont tous les organismes publics qui doivent être interpellés fermement sur cet enjeu.

Dans un mémoire déposé [aujourd’hui] dans le cadre des consultations sur la révision de la Loi d’accès à l’information, Culture Montréal souligne que le Règlement sur la diffusion de l’information et sur la protection des renseignements personnels du Québec devrait être élargi pour inclure tous les organismes publics qui en sont actuellement exclus, notamment les municipalités. Nous affirmons aussi, à l’instar du mouvement Québec ouvert, que le Québec devrait se doter d’une politique sur les données ouvertes, afin de maximiser les bénéfices engendrés par le partage d’informations avec tous les acteurs de la société. L’accès aux documents publics constitue un fondement essentiel de toute société démocratique, et nous croyons que la qualité de cet accès a un impact majeur sur la participation à la vie publique. De plus, au moment où on connaît une crise de confiance énorme envers nos institutions démocratiques, l’amélioration de l’accès aux documents publics permettrait de reconstruire la confiance citoyenne envers les institutions, et assurer non seulement l’intégrité de ces dernières, mais aussi le bon fonctionnement de notre système politique.

La Ville de Montréal, via le portail Mamairie.ca qui permet de suivre les actions des élus municipaux, a commencé à suivre le mouvement des données ouvertes. Il s’agit bien sûr d’une initiative intéressante, mais il reste encore beaucoup à faire pour permettre un accès libre à l’ensemble de l’information municipale utile aux citoyens. Adopter une politique de données ouvertes ne signifie pas seulement s’inscrire dans une démarche de  transparence. Le principal problème reste l’absence de diffusion de données brutes. Par exemple, à ce jour, impossible d’accéder aux investissements détaillés des municipalités du Québec en culture. Le rapport de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, entre autres, met Montréal et Québec dans la même catégorie, alors qu’elles sont fort différentes en matière de dépenses culturelles. Autre exemple, les budgets gouvernementaux, qui sont toujours présentés aux citoyens en version interprétée. Pas d’accès aux données brutes signifie qu’il n’y a pas d’autre interprétation possible de la part d’experts et de journalistes… Par ailleurs, quand les données brutes des organismes publics seront rendues disponibles, avec des outils technologiques facilitant leur interprétation, les citoyens seront plus enclins à développer de nouvelles applications pour ces informations, ce qui favorisera la créativité et l’innovation.

Pour Culture Montréal, il est crucial de mettre sur pied des mécanismes qui permettront une meilleure collaboration entre les organismes publics et la société civile, encourageant ainsi l’appropriation de l’information par les citoyens et une participation accrue à la vie démocratique. Lisez notre mémoire sur le rapport « Technologies et vie privée à l’heure des choix de société » de la Commission d’accès à l’information ici.

 

Image à la Une – Journée sur les données ouvertes à la Société des arts technologiques (SAT), 23 février 2013.

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