MICRO PORTRAITS – À la rencontre des libraires de la métropole, quartier par quartier

La librairie de Verdun

11 septembre 2015 à 0 h 38
 

La Librairie de Verdun, située sur la rue Wellington, est une librairie de quartier indépendante et agréée (membre de l’Association des Libraires du Québec). En pleine croissance, la librairie déménagera ses locaux en 2016 dans un espace deux fois plus grand, tout en restant sur la rue Wellington, au cœur de Verdun. Rencontre avec son propriétaire, Philippe Sarrasin.

 

Joanne Méthé et Philippe Sarrasin, Librairie de Verdun

 

Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir libraire?

L’amour de la lecture et des livres. J’ai une maîtrise en histoire donc j’ai toujours aimé l’aspect historique. L’an prochain, cela va faire dix ans qu’on a acheté ce commerce avec ma conjointe. Après avoir eu pignon sur rue pendant presque 40 ans, la librairie fermait ses portes faute de relève. On ne connaissait pas ce métier, mais ce type d’entreprise nous intéressait. Vendre des livres, c’est un beau métier.

Quelle est la mission de votre librairie, son aspect distinctif par rapport à d’autres librairies?

C’est un lieu familial où on veut que tout le monde trouve chaussure à son pied. On mise sur la qualité du personnel pour pouvoir s’adapter aux besoins des gens; conseiller autant une personne timide qu’un professeur averti. Cela peut être intimidant d’entrer dans une librairie et de pénétrer entre les rayons. On veut faire faire des découvertes, on veut se positionner. On veut que les gens, en entrant dans la librairie disent : «J’aime ça, il me donne des conseils, il m’amène ailleurs.»

Y a-t-il d’autres librairies dans le quartier?

Dans le quartier, il y a deux autres librairies, une à vocation chrétienne et une petite librairie de livres usagés. En tant que  librairie agréée, on a comme mission d’offrir de mettre de l’avant les auteurs d’ici. On est très sensible à ça. Il y a une bonne lecture québécoise. C’est notre rôle de faire connaître notre littérature.

Pourquoi avez-vous choisi cette localisation pour votre librairie?

Parce que j’habitais le quartier. On est arrivé en 2001. J’avais envie de me rapprocher de mon lieu de travail.

Quelle est votre clientèle visée?

Le plus large possible. Tout le monde est le bienvenu. Par exemple, on veut rejoindre les gens âgés, qui peuvent chercher des livres avec des plus gros caractères. En déménageant dans un plus grand espace, on veut séparer les catégories et on veut se diversifier.

Est-ce que la mission de la librairie est en lien avec la communauté du quartier?

Oui, Verdun, c’est particulier. C’est un village urbain. Tout le monde se connaît. Mais ce n’est pas un lieu de transit ou de passage. C’est une enclave où les gens s’installent. Quand on a acheté, les gens étaient contents que la librairie reste ouverte. Il y a un sentiment d’appartenance. La communauté a un attachement à sa librairie de quartier.

Organisez-vous des activités publiques?

Oui et on a un calendrier d’événements. Pour les touts petits, c’est très populaire. On fait des séances de signatures, des animations en collaboration avec des partenaires. Ce n’est pas facile de rejoindre les gens mais cela contribue à faire des activités culturelles dans le quartier.

Quels sont les principaux obstacles à tenir une librairie comme la vôtre?

Pour une librairie agréée, on doit offrir un certain nombre de livres, ainsi qu’une diversité. En contre partie, les institutions et les écoles vont acheter chez nous. La Ville est le plus gros acheteur. Les prix sont les mêmes d’une librairie à l’autre. Mais la compétition est féroce. Il faudrait que les achats de la Ville de Montréal soient répartis de façon plus équitable. La nouvelle administration a mis en place une politique d’achat local. À Verdun, cette question a été réglée. On aurait besoin qu’une répartition permette à l’ensemble des librairies sur le territoire d’être en bonne santé. Quand une librairie ferme, c’est le service aux citoyens qui en souffrent car on coupe l’accès à une librairie de quartier. C’est un écosystème fragile mais important.    

Comment votre librairie s’inscrit-elle dans le développement de votre communauté ? 

On participe à des événements culturels sur la rue, comme la vente de trottoir avec un spectacle de marionnettes qui est organisé par l’association des commerçants.

Comment l’engagement communautaire s’inscrit-il dans votre parcours professionnel?

Comme employeur, je suis responsable de mes employés. Si un client se fait bien servir, il va revenir. Je suis redevable à mon équipe pour aller au maximum de nos capacités afin d’avoir une saine gestion. D’autre part, si j’ai une sécurité pour les achats venant des institutions, je peux offrir des événements à la communauté.

Quelles ont été les principales sources de soutien (communautaire, financière, familiale, etc.)?

Mes clients sont les premiers en liste et ils sont majoritairement dans le quartier. Ici, on a plusieurs commissions scolaires qui nous assurent un soutien financier. Enfin, je travaille avec ma conjointe. Le métier de libraires demande des sacrifices. On ne compte pas nos heures. Le travail d’équipe est un soutien important.

Serait-il juste d’affirmer que votre  librairie joue un rôle dans la vitalité culturelle de votre quartier?

Oui et j’aspire à tisser d’autres liens au niveau local.

Quel serait l’épicentre culturel de votre quartier?

Il n’y a pas de Maison de la Culture dans le quartier mais on rêve que le presbytère soit acquis et transformé en Maison de la Culture. Mais la rue Wellington est le cœur de Verdun. La librairie aspire à devenir l’épicentre.

Pour vous, quel(s) rôle(s) les arts et la culture peuvent-ils jouer pour le mieux-être des communautés à l’échelle locale ?

Cela fait partie des piliers fondamentaux: se loger, se nourrir et se divertir. C’est intrinsèque à la nature humaine. Quand tu choisis d’habiter dans un quartier, tu regardes les écoles, ton lieu de travail mais aussi les commerces et la vie de quartier. Qu’est-ce qui a à faire dans son quartier? Cela fait partie d’un tout.

Quel serait pour vous le « quartier culturel » idéal ?

J’espère qu’un jour, ce sera le mien.

Comment mieux encourager ou mettre en valeur la « couleur » culturelle de votre quartier?

En faisant la promotion des auteurs de mon quartier et en soutenant les autres initiatives culturelles avec la SDC et la Ville. On travaille ensemble pour développer la vie du quartier.

Libraire de Verdun : 4455, rue Wellington, Verdun;  www.lalibrairiedeverdun.com .

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