MICRO PORTRAITS – À la rencontre des libraires de la métropole, quartier par quartier

La librairie Monet

24 septembre 2015 à 16 h 29
 

La Librairie Monet est une librairie indépendante établie dans le quartier Ahuntsic-Cartierville depuis plus de trente ans. Se définissant comme passeurs de culture, l’équipe de trente libraires entourant monsieur Monet tend vers un engagement social et culturel dans sa communauté. Reconnue pour son vaste inventaire et ses spécialités jeunesse et bande dessinée, la librairie possède depuis 2004 un espace d’animation et d’exposition, L’aire libre. Rencontre avec la responsable des activités culturelles : Anne-Pascale Lizotte.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir libraire ?

J’ai toujours été passionnée de littérature. Quand j’ai commencé à travailler ici, monsieur Monet avait en tête d’agrandir la librairie et j’ai proposé d’ouvrir une salle d’exposition et de mettre en place une programmation culturelle dans le but d’avoir un lieu de diffusion culturelle à part entière dans le quartier. Cela se jumelait l’intérêt que j’avais pour les arts et les lettres. Mon créneau est en fait d’animer le livre sous toutes ses formes, autant pour les adultes que pour les enfants afin de rendre la librairie vivante, d’en faire un lieu pour rencontrer des artistes, des auteurs.

Quelle est la mission de votre librairie, son aspect distinctif par rapport à d’autres librairies ?

Monsieur Monet a toujours eu le souci de faire la promotion de la lecture auprès des jeunes. Une des signatures importantes de la librairie est la section de littérature jeunesse et celle de la bande dessinée. On a des inventaires inégalés dans ces sections-là.

Pourquoi avez-vous choisi cette localisation pour votre librairie ?

Monsieur Monet a grandi dans ce quartier; c’est une histoire d’appartenance au quartier. La librairie a ouvert ses portes en 1977. Il y a eu plusieurs transformations, tout en restant ici, au centre commercial.

Quelle est votre clientèle visée ?

On a un secteur jeunesse et un secteur bande dessinée mais on s’adresse autant aux adultes qu’aux jeunes. On travaille beaucoup avec les professeurs des différentes commissions scolaires de Montréal. On reçoit beaucoup de classes qui proviennent de l’arrondissement et de l’extérieur. On veut que les jeunes se sentent chez eux ici.

Y a-t-il d’autres librairies dans votre quartier ?

Il y a une librairie Renaud-Bray sur la rue Fleury.

Est-ce que la mission de la librairie est en lien avec la communauté du quartier ?

Oui, à travers le volet des animations culturelles. On est dans un quartier multiethnique et on a un souci de refléter la réalité des gens du quartier.  On fait des salons de littérature étrangère. On s’intéresse à l’Arménie, à Haïti. Les salons se font sur le thème de la littérature, mais également avec de la musique traditionnelle et des plats à déguster. Le livre nous sert à donner un élan à toutes sortes de projets.

Comment incitez-vous les membres de votre communauté à fréquenter votre librairie ?

On fait de la promotion dans les journaux de quartier et dans Le Devoir. On travaille aussi en partenariat avec des écoles ou des organismes culturels, tel que la Maison de la culture Ahuntsic. La majorité de la clientèle provient du quartier mais beaucoup de gens viennent de l’extérieur à cause de nos spécialités.

Organisez-vous des activités publiques ?

On organise une cinquantaine d’événements par année : des conférences, des tables rondes, des ateliers de reliures, des expositions, de soirées de poésie, en plus du salon de la littérature. On a également un club de lecture qui marche très bien.

On a également fondé Airelibre.tv, une webtélé indépendante portant sur l’univers de la littérature et des arts. Elle nous permet de filmer nos événements en partenariat avec la librairie et de les diffuser sur le web.

Quels sont les principaux obstacles à tenir une librairie comme la vôtre ?

Le défi est toujours de se faire connaître. Même si on existe depuis plus de 35 ans, des gens dans le quartier ne nous connaissent toujours pas. C’est une librairie qui connaît un beau succès mais il faut toujours se réinventer, développer des nouveaux marchés, s’adapter à la réalité par rapport au numérique, aux habitudes de lecture. C’est important d’être à l’affût de tous ces paramètres.

Comment votre librairie s’inscrit-elle dans le développement de votre communauté ?

C’est un lieu de rencontres, d’échanges. On sentait un besoin dans la communauté d’avoir un espace d’animation. Avec notre salle et notre programmation, cela nous a permis de jouer un rôle au niveau communautaire et culturel.

Qu’est-ce qui vous inspire, agit comme catalyseur ?

La volonté de rendre la culture le plus accessible possible. On fait parfois des sondages auprès de la clientèle afin de connaître leurs besoins. Il y aussi les auteurs du quartier qui ont un sentiment d’appartenance à la librairie et avec lesquels on a un lien étroit.

Serait-il juste d’affirmer que votre  librairie joue un rôle dans la vitalité culturelle de votre quartier ?

Oui, car on agit comme pôle culturel. Quand on a agrandi la librairie, on a senti une réponse très chaleureuse. Il y a un sentiment d’appartenance. On est situé dans un centre d’achat de services mais on a des avantages comme le stationnement qui est toujours disponible. On a agrandi récemment pour développer une section de documentaire jeunesse. C’est toujours un beau défi. Monsieur Monet est toujours en recherche afin de faire évoluer la librairie en répondant aux besoins.

Quel serait l’épicentre culturel de votre quartier ?

II y a notre librairie, le cégep Bois-de-Boulogne, le cégep Ahuntsic, mais la Maison de la Culture est le principal lieu culturel.

Pour vous, quel(s) rôle(s) les arts et la culture peuvent-ils jouer pour le mieux-être des communautés à l’échelle locale ?

Cela permet de mieux comprendre l’autre et de mieux vivre en relation avec les autres. C’est une clé, une liberté de penser. C’est fondamental.

Quel serait pour vous le « quartier culturel » idéal ?

Plus il y a des espaces de diffusion, plus les gens sont gagnants en terme de théâtre, de cinéma… Tout démarre du quartier où on vit.

Comment mieux encourager ou mettre en valeur la « couleur » culturelle de votre quartier ?

En étant le miroir du visage culturel, tout en ayant l’audace de les amener ailleurs avec, par exemple, la bande dessinée.

Librairie Monet : 2752, rue de Salaberry, Galeries Normandie, Montréal; www.librairiemonet.com

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