Le 20 avril prochain, l’impossible est permis, le rêve accessible

13 avril 2015 à 12 h 38
 

Il est temps d’agir. Il est temps de faire de la culture, notre avenir.

Les arts et la culture sont essentiels et bénéfiques au développement de nos enfants. Autant que le sport, les mathématiques, l’anglais, le français, l’histoire et la géographie, les arts et la culture sont nécessaires à leur épanouissement individuel et collectif. Ils contribuent directement à leur réussite et persévérance scolaire. Ils forment nos citoyens de demain.

Je crois vital et urgent de donner un meilleur accès aux arts et à la culture à nos jeunes. Un accès équitable, et ce partout au Québec. Qu’ils soient témoins actifs d’actes artistiques professionnels. Qu’ils vivent et intègrent les arts à leur quotidien. J’ai grandi à la campagne. Loin de toute forme d’action culturelle. J’ai pourtant grandi en me costumant et en créant des mondes imaginaires dont moi seul avais les clés. J’étais différent. Nous le sommes tous. Mais moi, je me croyais seul au monde. Je ne faisais partie d’aucune « gang ». Je n’étais ni « un hot », ni « un nerd », ni « un sportif », ni « un comique », ni « un cool » et encore moins « un dur ».  Mais par-dessus tout, je ne voulais pas être « un rejet ». Je cherchais, en somme, ce que j’étais.

Heureusement, un soir de première de 1995, un professeur passionné a convaincu ses étudiants de rester après les classes, de rouler une heure dans un autobus jaune et d’assister à une pièce de théâtre. J’étais de ce groupe d’étudiants. Et c’est ce soir de première que le jeune homme que j’étais a trouvé sa place. J’avais ma raison d’être. Je n’étais plus seul.

J’ai été privilégié. Nous n’avons pas tous des professeurs inspirés et inspirants. Nous n’avons pas tous un soir de première. Ce qui a fait une différence pour moi était également possible pour un autre. C’était à moi de devenir un initiateur d’inspiration. Animé par un désir contagieux de partager ma passion, j’ai organisé des spectacles avec ma classe. J’ai mis en scène des pièces de théâtre après les cours. Je désirais ardemment que les arts fassent partie de mon quotidien et je devais convaincre de l’importance que cela avait pour moi, mais aussi pour d’autres de mes camarades. Nous nous sommes battus pour que le théâtre ait une place dans notre école. Pas seulement en parascolaire. Dans le programme régulier. Si les arts et la culture étaient bénéfiques pour nous, nous étions persuadés qu’ils le seraient pour d’autres.

Depuis maintenant presque dix ans, je travaille sans relâche à initier, à sensibiliser et à démocratiser l’art théâtral auprès des jeunes. Je le fais parce que je crois qu’il faut leur donner accès au spectacle vivant et leur laisser le choix d’aimer, de détester ou d’être complètement indifférents. J’adhère à l’idée que les arts doivent être solidaires et conviviaux, qu’ils doivent rassembler et à aller la rencontre de ce public jeunesse. Je désire lui raconter une histoire, le faire rêver, l’ébranler, l’impressionner, le bouleverser, le révolter et le transformer. Les arts et la culture sont, pour moi, des outils essentiels dans l’apprentissage de l’identité de nos jeunes. Au-delà des langues, des traductions, des codes, des croyances, des religions et des différences, les arts et la culture sont le levier d’une ouverture sur le monde.

Ces jours-ci, on nous parle beaucoup d’avenir. De chiffres. De choix. On nous parle du gouffre sans fond où nous nous dirigeons. Des responsabilités que nous devons prendre. Des concessions que nous devons faire. Et si aujourd’hui, on nous parlait autrement? Parce que l’Économie n’existe pas sans la Santé, sans l’Éducation, sans l’Environnement et sans la Culture… Et si on nous parlait de Culture…

L’enjeu est important. Le 20 avril prochain, l’occasion nous sera offerte de changer les choses, de faire la différence dans la vie de milliers de jeunes Québécois. De questionner, de réfléchir à une politique et à une citoyenneté culturelle unique et forte. Une politique qui ouvre les yeux à une génération en devenir parce qu’elle crée non seulement le public de demain, mais avant tout, les citoyens de demain. Joignez-vous à nous. Faisons de ce 20 avril notre soir de première.

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