Visite des coulisses de la première édition de Museomix au Musée des beaux-arts de Montréal : Enfin une action concrète pour donner vie au plan culturel numérique!

9 novembre 2014 à 20 h 00
 

Visite des coulisses de la première édition de Museomix au Musée des beaux-arts de Montréal

Enfin une action concrète pour donner vie au plan culturel numérique!

Lors de l’annonce récente du plan culturel numérique par le ministère de la culture et des communications du Québec, j’étais quelque peu sceptique. Pourquoi ? J’avais peur que les fonds consentis ne soient accordés qu’aux grands joueurs muséaux traditionnels, qui, rappelons-le, ont mené récemment une campagne médiatique afin de recevoir davantage de financement public pour nos institutions. Si les réclamations des grands musées sont valables et que l’on peut maintenant pousser un soupir de soulagement grâce à l’action de la ministre Hélène David, je pensais également au talent de toute la jeune génération en me demandant s’ils auraient eux aussi droit à leur part du gâteau. Aujourd’hui je peux affirmer que oui, et ce, notamment grâce à Museomix.

J’étais de passage ce samedi au Musée des beaux-arts de Montréal afin de découvrir les coulisses de la première édition de #MuseomixMtl, un grand camp créatif d’une durée de 3 jours. L’objectif de l’événement: créer douze prototypes qui permettront de réinventer le musée en alliant les contenus, les technologies et le public.

« Avec Museomix, il y a cette volonté ferme de développer des nouveaux outils de médiation culturelle, de permettre au public d’entrer en contact avec une œuvre d’art, une collection ou une institution », affirme Justine Chapleau, coordonnatrice générale du chapitre montréalais de Museomix International.

À mon arrivée au pavillon de l’éducation Michel de la Chenelière, une véritable fourmilière de plus de 200 participants s’active. L’énergie collective est presque palpable dans les studios et le tempo est rapide. Des équipements à la fine pointe (dust room, imprimantes 3D, découpe au lazer) sont en utilisation. Une armée de bénévoles et de personnes ressources bichonne 72 participants répartis dans douze équipes qui ont décidé de relever le défi lancé par Museomix. L’événement est en préparation depuis janvier 2014, en collaboration avec le service d’éducation et action culturelle du MBAM. L’organisation me semble impeccable à tous les points de vue. Tout est en place pour stimuler la créativité!

(Presque) tout le Montréal créatif se joint à un circuit international de grands musées

Museomix est né en 2011 au Musée des Arts Décoratifs de Paris. L’édition 2014 est aujourd’hui tenue dans sept villes à l’international, en simultané. Les équipes montréalaises développent leur projet tout en étant en contact constant 6 musées en France, 1 en Suisse et 1 au Royaume-Uni : des robots Beam Pro circulent dans les studios afin de stimuler les échanges et à toutes les demies-journées, les équipes de Montréal reçoivent des capsules vidéo présentant un aperçu du travail mené à l’international. 

« L’événement se tient en même temps dans toutes les villes participantes pour qu’il y ait un esprit de cohésion. Cela nous donne une force de frappe, d’avoir une communauté internationale d’individus qui se rassemblent pour manifester leur intérêt et leur désir de changer le musée, de faire du musée un terrain de jeu. Ainsi, le musée n’est plus un lieu de contemplation mais bien un musée d’action, un musée d’inspiration », précise Justine Chapleau.

L’effort de participation à Montréal est considérable, les équipes sont soutenues par une trentaine d’ingénieux, des facilitateurs et des propulseurs, tous issus des industries créatives de la métropole.

« Museomix permet de créer des moments de rencontre entre la communauté technologique de Montréal et du Québec. Des entreprises de renom nous prêtent de l’équipement, leurs employés viennent donner bénévolement des conseils aux équipes. Museomix crée des moments de rencontre entre des entreprises qui ne se rencontrent pas nécessairement à l’extérieur. Placés en situation de travail et de jeu en simultané, Museomix suscite la création de projets suite à l’événement entre ces acteurs », indique Arthur Schmitt, co-fondateur de MuseomixMTL.

Mon coup de cœur : un programme éducatif innovateur

Mon plus grand coup de cœur de Museomix : le partenariat conclu avec l’école St.-Charles de la Commission scolaire Lester B. Pearson, située à Pierrefonds. L’école a développé un programme éducatif formidable, le STEAM (Science, Technology, Engineering, Arts & Mathematics). Chaque jour, une quarantaine d’élèves de 6e année alimentent en temps réel un blogue et des comptes Twitter et produisent des vidéos des coulisses de Museomix. Chapeau au personnel de l’école, Sophie Lussier, Marie-Ève Lafortune et Mme McKergow, qui placent la barre de la réussite scolaire et de l’innovation bien haute dans nos écoles publiques!

Consultez le fruit du travail des jeunes ici.

Les jeunes de 6e année de l'école St.-Charles de la Commission scolaire Lester B. Pearson

Pérennité et continuité assurée

Qu’adviendra-t-il des projets prototypes développés pendant l’événement ? « Le musée hôte ou toute autre institution peuvent pérenniser un ou des prototypes s’ils le souhaitent (en collaboration avec l’équipe de réalisation de chacun des projets). Chaque année, environ 30 % des prototypes trouvent une vie après l’événement », précise Museomix. Voilà qui est encourageant pour les équipes de créatifs qui s’investissent bénévolement pendant cet événement incubateur, qui peut servir de tremplin pour les projets.

Qui mettra la main sur MuseomixMTL en 2015 ? 

Soyons francs : cette première édition est un succès. J’ai donc voulu demander au comité organisateur ce qu’ils avaient en tête pour l’an prochain. Tout en indiquant qu’il est préliminaire de se prononcer aujourd’hui sur la prochaine édition, le comité organisateur miroite de tenir l’événement en 2015 dans d’autres musées de la métropole. Parmi les trois favoris à court-terme, on compte le Musée d’art contemporain de Montréal, le Centre canadien d’architecture et le Musée McCord. Bien entendu, j’encourage ces institutions à entamer des négociations avec Museomix. Du côté des partenaires publics et privés, l’intérêt semble confirmé afin de poursuivre l’aventure : la ministre Hélène David a notamment pris part à une visite des douze prototypes ce dimanche. Voilà une première grande preuve de reconnaissance pour tous ces créatifs de la relève dans le domaine du numérique!

En attendant l’édition 2015, vous pouvez avoir un aperçu des douze prototypes développés à Montréal et à l’international ici

Consultez les photos officielles de événement ici 

Crédit photo de couverture : Andreas Wieland

 

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